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  • : Planchapain se leva en faisant craquer ses vieux os, il rajusta ses chausses d’un geste noble. Son regard, autrefois si serein, s’allumait d’une lueur intermittente et farouche. Levant la jambe droite, pliant le genoux gauche, il pris noblement le chemin de la sortie. Sa démarche claudicante ne pouvait cacher l’empressement et la volonté qui habitaient désormais tout son être, des gesticules jusqu’au chef, du fond l’âme jusqu’aux limbes de l’inconscient : car c’était aujourd’hui qu’il partai
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Mardi 22 septembre 2009
Coupant les seringas et dénichant des merles
Je me ouche dans la herbe qu'est fraiche
et fume mon clope de foin vert.

Je suis Le Jardinier, coiffeur pour charmes.

De mes mains écrissées, j'arrache les chardons.
Cueillant pour mon midi une cerise amère
où un ver vit.

La bouche herbée, mâchefer et amadou
que l'étain scelle.

Greffant à l'écusson, car l'herbe dorée m'exaspère.
Je crée des massifs épatants, sur lesquels vont chier leurs chiens.
Me coupe l'herbe sous le pied
Et me ronce le dos sans cesse.
Le soleil me mordrait le cou, il rougirait mes amygdales
 - sans mes coctions aux fleurs du Mal.

La pluie me dégoule sur l'oeil
et floute l'aster que je cueille.
Alors,
je douche mon coeur meurtri aux arrosoirs percés-rouillés,
aux robinets, systématiques.

Mon reflet dans le creux des puits
est de rosée teintée d'obliques.

Le tétanos crante ma moëlle.
Mais j'y déchire à l'Opinal
l'opiniâtre bacille sale
qui couvre mes plaies résipéles.

(sans respirer:)
Armé d'une pierre de touche
et du squelette d'une fourche
en un arc vaporeux je massacre des légions
hurlantes et grouillantes de sales pucerons
je torture l'oïdium à l'évaporiseur
et bouillie-bordelaise les zites trop grailleurs.

Exfoliant naturel.
Je moissonne limaces, cancrelats et carrons.

Touchant de ma binette les cités de Nature,
j'y répand l'ORDrE fOu, que je choisi. Silure.

Je mortifie les aragnettes des buis,
rouges.
Glandurgeant l'estournaud qui brouge,
en guise d'épée un rameau
de laurier sauce que j'agite.

Gardez-moi créneler les haies
dont je fais des hunes immenses
et les corbeaux blancs qui y dansent,
craillant de leurs beaux becs de craie.
 
Irriguant les fourmilières
De mon enfantine colère.
Je suis l'unique Dieu sur terre.
Le pousse-cul des sillons noirs.

L'ergot de seigle en commissure
Iris couleur de moisissure
sourire de zinc, qui lucine.
Mon greffier, Sustine et abstine!

Je mange les corneilles en sauce
avec de la mauve crichée.
Putassier, le con soleil rosse
mon dos tordu qui peut plier.

Mais mon bonheur
c'est la Zabelle...
Belle mangeoire à crécelle,
gitant dans la mélancolie.
Balançoire où j'assois mon coeur.

Je suis le Jardinier, chérie.

Ma binette chantonne
et mon merle mâchonne
les vers de cerisiers moqueurs.

Par Sire Planchapain - Publié dans : "A bas la littérature!" Planchapain Editions
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Mercredi 8 juillet 2009
Voilà l'exemple du héro planchapinnien total : Tristan Edern Vaquette... S'il n'avait pas, avant moi, et mochement, déjà donné son nom à sa pensée,... et pensé tout court. Ce qui m'est somme toute assez étranger.


http://www.crevez-tous.com

Par Sire Planchapain - Publié dans : Produits divers
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Mercredi 8 juillet 2009
Par Sire Planchapain - Publié dans : Produits divers
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Mercredi 8 juillet 2009
Par Sire Planchapain - Publié dans : Produits divers
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Jeudi 25 juin 2009
Ma vie est une suite d'inachèvements. Cet état de fait déplorable trouve sans doute son origine dans les multiples personnalités qui m'habitent.

Souvent, j'ai l'impression que se tient dans ma tête une de ces soirées mondaines guindées du New York des années 20. Ou bien une partie de campagne avec tous les convives vêtus dans une parodie de relâchement imbu et aristocratique. Ce qui n'est pas sans rappeler ce film de Renoir, la Règle du Jeu, qui n'a d'autre intérêt que de répéter une fois encore l'impossibilité de mélanger basse et haute naissance. Dans cette ennuyeuse série de papotages entre industriels bedonnants et jeunes arrivistes sans un sou de personnalité, je ne suis qu'un valet serré dans son costume d'apparat. Piquet dans un coin de pièce, lorgnant avec délice les chanteuses en soie qui accompagnent, pour un soir, ces odieux personnages.

Parfois, l'abattement est tel que je deviens, aussi, ce type inconnu de tous que l'on regarde avec pitié lorsqu'il s'avance timidement, pour demander poliment un verre de champagne. Une boule de mâchefer lui lestant l'estomac. Je sors sur la terrasse fumer mon clope de tabac brun, dans la gelure qu'est ce jardin crépusculaire. A l'intérieur, la discute bas son plein, et je ne me sens pas nécessaire à l'amusement de ces gens.
Au dehors, derrière le vert foncé des buis, qu'un éclat de lumière fane, des grenouilles jacassent. C'en est presque étourdissant. Mais une sorte de calme naturel imprègne le soir
Les grenouilles, le bruit de fond de la soirée, brouillent de sombres et longues pensées qui passent en périphérie comme des trains vides.

Je divague. Rêvant des fées languides qui m'attendent dans un bain de rosée qu'ombre une mauve sauvage. Des pays dangereux où des vallées infinies vibrent sous les sabots d'une armée floutée par le crépuscule. Des clairières à bon repos, celles que l'on ne rencontre qu'une fois dans sa vie, et dont le souvenir terni vous hante à jamais. Des personnages dont j'aimerais écrire les péripéties, et qui seraient mes créatures. 
De ce que je ferais si je gagnais au loto. De la maison bucolique où je voudrais vivre seul et entretenir les massifs d'aster. Je songe à des discours, longs et gracieux, que je ferais à une foule attentive. Et qui parleraient si bien, qui s'entendraient de soi, provoquant dans le monde un changement polaire.

A l'intérieur un verre se brise.

Mon âme s'échappe un instant, voletant dans la fumée âcre. Et des sentiments me submergent. Il y a la peur viscérale d'avoir, un jour prochain, peur de la mort. Mille tracas m'encerclent, comme des sioux gavés à l'eau de feu sentant fort le choléra.

Je voudrais être calme. Comme cet autre moi, imaginons, qui, à ma place, rejoindrait la réception. se planterait au milieu et prierai avec dédain les convives de quitter les lieux sous peine de mort.

Je vous ai pas invité pour me jeter à la porte de ma propre demeure, dans le hurlement sourd des grenouilles.

La foutre dehors sans ménagement, toute cette mauvaise herbe, et me retrouver chez moi. Donner au domestique sa liberté, et un somptueux pourboire.
Saccager cette alcôve surfaite où je fourvoie mes songes. Eclater dans un coin les bouteilles d'alcool fort, comme un bosnien saoulé de musique maussade. Noyer sous la térébenthine cette esquisse ratée. 
Puis y foutre le feu avec un grand candélabre baroque.

Et retourner dans le jardin, claironner sous la lune mon chant de batracien.


Le Jardinier
Par Sire Planchapain - Publié dans : "A bas la littérature!" Planchapain Editions
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Jeudi 28 mai 2009
Je marchais dans une grande fête foraine. Les vrilles en chandelles gibraient sur leur mât. Un couguar malade embrassé, le serrant de toutes mes forces, son occiput aigu me pénétrant la joue. Chaque pas, dans ce sac, de bitume fondu. Ma vie était cariée d'egrreurs. Armé d'un karcher qu'un flexible suivait, clapotant, serrant la rêche crinière ensanglantée. Pleurant.
Les tentes autour abritaient une telle haine, morne atmosphère à l'odeur des sentinelles. Et mon âme suivait, dansant un ancien jazz. C'est une expérience nouvelle pour moi, Junior.
La nausée pétrifiée comme la peur d'un rat. Et j'avoue que sans ma connaissance éhontée de la prose steagelienne, je n'aurais pas su traverser cette marée salée dansante.
Une femme renard, un chien de diamants, miguèrent mon couguar moribond. A la commissure de leurs griffes, un filet blond, arachnéen, s'échinait à piéger d'étranges pollen rouges.
Et les balles ricochaient sur mes pompes de sécurité. Piuuu. J'enjoignit mon couguar à lutter encore. Tu ne mourras pas, tu ne mourras pas, reste donc gibet de bougre, bougre de gibet. Ah!
Un vieil alizé souleva dans le smog des franges de barbe à papa, exhortant les vivants à entretuer leurs proches. Ses sonorités funèbres, aux accents Iggy Poppiens, rasaient les gravillons, écrissant les peaux.
J'évitais les poussières, par peur, et continuais à avancer.

Une se ficha dans mon oeil. Une se ficha dans mon oeil. 

Et tandis que je tombais, mon âme édentée m'empoigna. « Dansons, nous aussi, oublions-nous mon sire. Polichinellons les morceaux de ta vie, cousons cousons, sortons nos aiguilles, perçons et poinçonnons ces tissus étrangers. Voyons si une bête vilaine en ressort. Quittons! »
  
Mon couguar, vacillant, traversa la tempête.

Et disparut... 


Sire Planchapain, littérateur de l'Enfer
Par Sire Planchapain - Publié dans : "A bas la littérature!" Planchapain Editions
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Jeudi 9 avril 2009
Au sein des cités d'or se terre un royaume monstrueux.
Planchapain, son caleçon troué accroché à son bâton de pèle rien, s'y rendit, car, comme le dit Ernst Jünger : « Il faut se tenir là où la destruction ne se conçoit pas comme un point final mais comme préliminaire. » Et les préliminaires, nous adorons ça.

La demeure du Chaos se situe à Saint-romain au Mont d'Or. Lorsqu'on arrive par les petites rues tranquilles, on rencontre ce point noir et érodé comme on trouve un épave de voiture rouillée reposant dans les herbes hautes d'une clairière tranquille. Rugissant d'acier tordu et de rouille à l'acide, la Demeure à la respiration roque souffle un vent délétère sur les Monts d'Or.

Les murs rongés tronglent-ils? Les grilles tordues gécrissent-elles?
Les âmes des peintures murales forment-elles une ronde, la nuit venue, élevant leur tapage au sein des taules qui geignent? Ce Brocéliande d'un Gibson halluciné craille-t-il au crépuscule dans la fumée de cigarette de ceux qui l'habitent? Et combien de rêves s'éparpillent à l'ombre de Saint Romain, dans la bave rongeuse d'une salamandre endormie...
A l'extérieur, les murs laissent parfois entrevoir l'Intérieur. Sur la pierre fondue et concassée s'alignent des slogans politiques, des phrases, voués à dénoncer des actions mondiales ou meurtrières. Sorte d'éditoriaux en perpétuelle évolution, rappelant l'écriture des geôles.   

Le bâtiment, étripé, éviscéré, répand au dehors le résultat de sa digestion : avions rouillés, voitures carbonisées, concasseurs-cassés-sans-cris... Et ce produit dont le suc est contenu dans une piscine de sang, s'est distendu en fossiles, en écritures et en portraits. La béance de la dentition d'une foreuse, ossements de dinosaures absurdes, gisent au milieu d'un système digestif de plastique.
On songe à la vision horrifiée d'un symboliste de la fin du XIXème, se promenant, aviné et fourbu, sur le chantier chaotique de l'Exposition Universelle. Cette peur contenue dans l'homme moderne de sa propre modernité. L'effroi que cause sur l'oeil ouvert l'aiguille de la limite des siècles.

Au milieu de cette forêt d'acier, de béton et de plastique – qui sont les trois affaires du XXème – Ehrmann trône dans tout l'égocentrisme d'un Merlin arnaché. L'homme de la Salamandre, que l'on nous présente comme un visionnaire et un gourou cybercablé, sourire méthadone-fou, n'a rien à voir avec Cheval. Cheval était pauvre, seul, et son unique message était timbré et contenu dans sa besace. C'était les missives des autres froissées par des cailloux poussièreux.
Ehrmann, dans cette proclamation inouïe, évoque en tout cas ce qui affirma l'artiste moderne : reconnaissance de l'égo, libération du créateur. Egocentrisme monarchique qui ne Nous est pas inconnu.
L'autocratie de l'image, d'ailleurs, fut une marque de fabrique du siècle dernier, et tous les moyens sont bons pour la tourner en dérision.
En même temps, la Demeure est le fruit du travail de nombreux artistes, ce qui rappelle aussi l'importance de la création en commun, au sein de l'Histoire de l'Art... depuis la nuit des temps.

Il y a aussi une chose étrange dans ce parc qui dénigre la maison d'horreur burtonienne au profit de la surface-cassée-monde-désert-eagle. Ce sont ses symboles alchimiques.
Loin d'être un connaisseur du traité du Grand et du petit Albert, du moins lorsque je suis sobre, j'ose affirmer que ce gaillard a un penchant bizarre pour le grand Oeuvre...
Mais après tout, il transforma la pierre dorée en plomb acide. Détruisant l'objet banal pour l'emplir d'un symbolisme universel inerte, dans cet éclatement-explosion d'une métamorphose atroce. Cela ne semble pas en inadéquation avec la quête alchimique, mais l'inverti certainement.
Est-ce une autre façon de jouer l'allumé du bec bunsen?
Monsieur Ehrmann  a-t-il donc ce penchant pour l'ésotérisme qu'ont les esprits trop désaxés pour croire en un monde naturaliste (sans comparaison : Dali par exemple dont on connaît trop peu l'intérêt franchement culotté pour les mythes magiques)...
Bah, ça n'est pas important, puisqu'il a créé un vrai sanctuaire de symboles meurtris, de dragons et de lézards-métal- liquide-figés.

Car, enfin, ce paysage marque. Même s'il semble déjà usé même dans ses thèmes, puisque le chaos de la société va plus vite que l'objectif qui le saisit. Il exprime un certain malheur intemporel de notre espèce. Cette malédiction, c'est de connaître l'inéluctable destin qu'il s'imposera lui-même.  Quelque chose de chrétien teinté du paganisme futuriste.
La demeure du chaos ressemble à un daguerréotype gravé à l'eau forte sur l'écran-canon d'une télévision abandonnée. Elle comprend les éléments d'un monde déjà foutu, réduit à de la merde bionique par l'atome et la machette.
 
On voudrait que ce monde se meuve, qu'il marche roule crie, qu'il tressaute hurle. C'est donc certainement mieux à voir par une nuit de pleine lune et durant des happenings libérateurs. Où sont vos druides monsieur Erhmann? Nous on veut voir des ombres danser sur les carcasses.
Et avoir la citoyenneté si possible.

Vous pouvez visiter la Demeure du Chaos le week-end et les jours fériés. C'est gratuit.
Amenez avec vous un morceau du mur, c'est un conseil.

Sire Planchapain, Masticateur de Ferraille
Par Sire Planchapain - Publié dans : Produits divers
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Jeudi 9 avril 2009
Ami,

lèves ton ver... Les beaux parleurs sont rares désormais.
Mais les bottés intérieurs sont nombreux.
Alors que le verbe se fait cher,
sors de ta maison, long bric du monde. Et vogue.
Long brilic des lymphes.
Sors et tape sur le nerf de boeuf. Vole un neuf.

Les fous gouverneront.

au moulin.

A AGUIGUI MOUNA (1911-1999)
Par Sire Planchapain - Publié dans : Contes de la fiole ordinaire
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Mercredi 11 mars 2009

Il était une fois un chômeur bien malheureux qui ne trouvait pas de travail. En plus de ce malheur, il souffrait beaucoup. Et lorsque on lui proposa enfin un emploi de bureau, il se trouva fort indisposé par ses hémorroïdes.

Par Sire Planchapain - Publié dans : Contes de la fiole ordinaire
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Mercredi 11 mars 2009

Il était une fois un gros homme.
Si gros, en fait, que les sièges d'avions lui coinçaient le cul d'une façon peu élégante. Ainsi, puisqu'il n'avait pas les moyens de s'asseoir en première, il pris sur lui de siéger, dorénavant, sur les genoux des hôtesses – qui ont, c'est chose connue, les cuisses et les ailes fort dodues.

Par Sire Planchapain - Publié dans : Contes de la fiole ordinaire
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Mercredi 11 mars 2009

Il était une fois un homme qui n'aimait pas les vers dans les pommes. Si, par un affreux jour de pluie, il perdait son travail, apprenait que sa femme le trompait avec son banquier et, qu'en sus, il lui arrivait de croquer dans une pomme véreuse... alors mieux valait s'écarter de son chemin.  

Par Sire Planchapain - Publié dans : Contes de la fiole ordinaire
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Lundi 2 février 2009
                  Chers "nombreux mais néanmoins de qualité" lecteurs - comme dirait Polou Soulitzer du coin de la bouche.

                  Nous vous serinons avec les Editions Toussaint-Louverture depuis des décennies. Mais un doute abscond planait quant à l'existence réelle de cette fratrie littéraire se prêtant, certes, à toutes les exhibitions mais sous le masque anonyme de pseudonymes grossièrement paysans (M. Julien "Campredon" en est l'exemple).

Mais, enfin, la vérité -tout comme la bonne parole au Mont des Oliviers, récemment rasé d'ailleurs, le fut - est révélée :

                Une vidéo traîne actuellement sur le net, qui révélerait les visages horribles de ces représentant de "l'édition indépendante". Ce "snuff movie", en quelque sorte, expose aux regards de lecteurs impuissants la machinerie diabolique qu'est cette association, et dévoile ses buts machiavéliques de conquête du monde littéraire...
Il est déconseillé aux moins de 18 ans, âge où la cornée, non habituée encore aux teintes verdâtres des séries fascistes ouest-allemandes, ne possède pas encore la sensibilité nécessaire à ce visionnage.

Après ce film, votre vie changera du tout au tout. Attention.



Sire Magret, CSA.
Par Sire Planchapain - Publié dans : Produits divers
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Lundi 26 janvier 2009
"- L'Anarchisme monsieur? C'est tout le contraire de la possession égoiste des choses et des idées : c'est l'échange avant tout.

Me disait l'autre jour Monsieur le Sàr Péladan.

Quelques semaines plus tard, sa femme m'avoua :

- Félix, mon chéri, je crois qu'il se doute de quelque chose...

- Laissez-le donc douter, ma mie, cet homme a trop de convictions.
"


Fénéon, F., Pourquoi j'ai sauté le pas... Editions de L'A Barré, 1901
Par Sire Planchapain - Publié dans : Citations des Grands Penseurs et autres types...
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Lundi 19 janvier 2009

         
         "Une révolution, comme vous le savez certainement, implique le remplacement d’une caste dominante par une autre.

 

                   C’est d’ailleurs assez fréquemment au moment où ce remplacement devient effectif que les discussions les plus vives montent les camarades révolutionnaires les uns contre les autres.

Qui portera quel titre ? Qui fera quoi ? Qui aura du piston et qui pas ?


Cette chienlit, fort peu esthétique et quelque peu brouillonne, ne sert jamais beaucoup le prestige du gouvernement neuf.


Elle a trop tendance à éveiller parmi ceux qui, quelques jours auparavant, chantaient à tue-tête des chansons paillardes au sommet d’une barricade, bouteille en main, étripant le bourgeois et la curaille, et soulevant force jupes de militantes en rêvant d’un avenir meilleur sinon mieux… des rancoeurs et des inimitiés dommageables et parfois mortelles.

 

            Détestable situation, alors que l’heure devrait être à la liesse et à l’ébat public!

 

            Dans un souci d’anticipation (révélant encore une fois sa vaillante intelligence, l’inflexion de sa volonté, et la ruse déroutante de ses éminences souvent grises) la « Direction de la Révolution Planchapinienne » met dès aujourd’hui en libre service des « Titres de Noblesse » personnalisés.

 

Ces titres définiront par avance le rôle joué par chacun dans notre parfait gouvernement. Ainsi, nous vous invitons à contacter notre Triste Sire, afin de commander gratuitement un « Titre de Noblesse » que vous pourrez faire valoir une fois la Révolution Turgescente terminée, et l’élite actuelle mise aux fers.

 

             Contractez un Titre de Noblesse Planchapinien dès aujourd’hui, afin que le lendemain qui chante ne soit pas gâché par de basses préoccupations d’ordre matériel!

 

             Contactez-nous au sireplanchapain@hotmail.fr et le titre vous sera à qui ? à vous !"


 


ATTENTION :

Les « Titres de Noblesse », comme leur nom l’indique, ne sont que des appellations personnelles destinées à taper dans l’œil de la caste des miséreux que ne tardera pas à créer notre coup d’état, ainsi qu’à entrer facilement dans le lit des ribaudes que l’aristocratie excite (Sade était bien marquis, Carabas aussi.).

Mais ils n’impliquent pas la POSSESSION ou la PROPRIETE des termes qui les composent. Dans l’exemple du titre de « Grand Echalas de l’Oignon Scabreux » (un de nos plus prestigieux), la dénomination n’implique pas la propriété d’une culture d’oignons dans le Sud Ouest ou d’une grande échelle. Con se le dise.

 

*Le « Titre de Noblesse » n’est ni repris ni échangé, et ne peut être revendu à Valérie Giscard d’Estaing.

Le « Titre de Noblesse » n’implique en rien un droit de cuissage sur les boulangères de votre quartier, ni une miche fiscale.

Le « Titre de Noblesse » peut être joué au jeu.

Le « Titre de Noblesse » n’est pas distribué en fonction des attributs de l’acquéreur. Ainsi, aucune demande de titre précise ne sera acceptée, ni aucun pot de vin, à part si c’est un pot lyonnais.

La direction révolutionnaire ne peut être responsable en cas d’insultes ou de critique visant le propriétaire du « Titre de Noblesse », notamment concernant son contenu aristocratique. Et, par extension du domaine de la lutte, la Direction Révolutionnaire se dégage de toute responsabilité en cas de décapitation.

  

 

 

La Direction Révolutionnaire Planchapinienne (composée des Révoltés du Sexe, de la Société des Artistes Ratés Réunis, des Conspirateurs Publics, et autres groupuscules plus ou moins importants)

Par Sire Planchapain - Publié dans : La Révolution Planchapinienne
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Lundi 19 janvier 2009

                                 En janvier 2009, mon âme se déchirait sans raison. J’appris donc l’art si féminin de la couture, cousant sans cesse, sans cesse tringlant de mon aiguille le voile mordoré de mon esprit en peine.


J’y cousais parfois des boutons qu’en chinant j’avais trouvé assez désuets pour orner ce bizarre plastron. Une fois, lors d’une manifestation anarchiste, j’avais tendu mon âme entre deux manches à balais et y avais inscrit : « plus d’état ! ».

La comparaison avec les malheurs de Peter Pan et son ombre fugueuse me tourmentait un peu. A peine étais-je dans une situation risquée – face à mon conseiller de l’Unédic ou bien face à un patron à l’aine boursouflée et au menton couvert d’une écume verte, qu’un « CRAC ! » tout à fait gênant m’informait d’un déchirement inopportun de l’âme. Alors, piteux, je ramassais mon âme en lambeaux et m’excusais du dérangement.


Cet état de fait ne pouvait durer ! Car, selon toute vraisemblance, cette société ne tolère pas de tels déchirements en public. Et, bien loin de la tradition scholastique, nous camouflons du mieux possible toute manifestation de l’esprit.

Ainsi, je décidais de trimbaler cet honteux oripeau jusqu’à un grand centre commercial dont je tairai le nom par respect pour le petit commerce (même si, par nature, je suis contre le travail du dimanche. Et contre le travail tout court. Bref.) Arrivé au service après vente de ladite surface étendue, je faisais face à mon interlocuteur avec cet air désespéré qu’ont les christs nordistes enfermés dans leurs retables.

 

-         Monsieur, expliquais-je, voilà des semaines que mon âme ne me laisse pas de repos. A peine suis-je occupé à une tache vitale qu’elle se scinde, se déchire, se charcute, s’édente, se dentelle, se défait, part en petits morceaux, en pelotes, en moutons, en longs suaires qui traînent dans la boue et la chiure, qu’elle se délite en minuscules morceaux qui s’envolent au vent et s’accrochent au plus hautes ramures, au milieu des sacs plastiques et des corneilles. Foutre, monsieur, j’en puis plus et ça me tue à petit feu.

 

L’homme, vêtu d’un bleu de travail élimé, aux poches emplies de tabac tressé, me lorgna d’un œil merlinien.

 

-         Messire, chuchota t-il en s’avançant vers moi, croyez-moi, ça fait un moment que j’échange des âmes, mais la votre est dans un tel état qu’on n’en peut reconnaître le numéro de série. Avez-vous le ticket d’achat, un talon de chèque, une preuve irréfutable qu’il s’agit là d’une âme manufacturée et non d’un quelconque chiffon trouvé dans la rue ?

 

Je baissais la tête, embarrassé, et tournais le dos pour chialer comme une madeleine de Proust essorée après un bain turc d’Ingres. L’homme posa sa grosse patte velue sur mon épaule et tapota doucement. Je l’entendit toussoter sa gêne, puis un « CRAC ! » terrible termina de me terrasser.

Tandis que je récupérais les morceaux de mon âme démantelée, je songeais à la dernière chose à faire : brûler ce torchon hérissé de boutons, d’aiguilles, aux béances profondes, voletant comme une saloperie de décoration de mariage qu’on aurait laissé jaunir deux hiver attachée au rétroviseur. Le brûler, puis me terrer, comme ce type qu’avait plus d’ombre et qui sortait la nuit pour manger et violer des petits enfants et des chiens de bourgeoises.

 



Fin numéro 1 :
J’erre désormais de cave en cave. Squatteur honteux, pestiféré moderne. Et cette cape de malheur, je l’ai découpée en mille morceaux pour la balancer aux poules d’eau de la Tête d’Or.

Et vous me direz : « votre histoire n’a aucun sens, puisque nulle intervention extérieure ne vient ajouter du piment à votre récit, et qu’il est dénué de toute portée morale ».

 

Parce que vous croyez, vous, que lorsqu’on a plus d’âme on se préoccupe de choses aussi basses que la construction du récit ou la portée philosophique du conte ? Vous qui n’en êtes pas dénué, vous pouvez toujours vous la jouer « j’ai une conscience ». Allez vous faire foutre.

 



Fin numéro 2 :
A peine je sortais de cette grande aire commerciale anonyme, que mon âme s’enroula autour de la roue d’un caddie. Je jurais et reluquais méchamment la conductrice indélicate qui m’avait roulé dessus. Elle se nommait Isabo, elle avait de beaux seins et des yeux galbés. Sa silhouette, alouette, ressemblait à ce fantasme que j’avais d’un corps tout à fait convenable à m’habiter les rêves, et propice aussi à un bonheur éternel... Ses pupilles vert-de-gris me dévisagèrent et ses longs sourcils noirs s’entrechoquèrent à un moment.

 

-         Voyez, espèce de grand con ! Mon caddie marche plus ! Votre sale drap s’est pris dedans et on a pas idée de combien il m’a coûté ce caddie, en plus j’ai personne chez moi pour faire la vaisselle et poser ma tête sur son épaule !

 

Qu’elle était mauvaise ! Mais toutes les femmes ne le sont-elles pas ?

Nous abandonnâmes le caddie au bord d’une place pour handicapé. Avec ce qu’il restait de mon esprit, je lui fabriquais un sac à courses tout à fait convenable.

Nous fîmes ce que nous avions à faire.

Une fois la caissière payée, je l’aidais à ramener ses courses. A les monter dans l’escalier parce que l’ascenseur était en panne (je le voyais bien moi, que l’ascenseur était peint sur le mur –j’ai fait Histoire de l’Art- et qu’elle devait faire le coup de la panne à tous ses amants d’un soir… ouais…). Une fois chez elle, je fis à manger. Lui servant ensuite d’épaule où poser sa tête et de lave-vaisselle… Et puis, de fil en aiguille, elle me recousu une  cape spirituelle, plus petite, mais solide.

 

Comme quoi… lorsqu’on a l’âme déchirée, il arrive que le grand commerce nous sorte de la panade. La société capitaliste n’a donc pas que des mauvais côtés, et nous devrions nous en targuer au lieu de toujours dire du mal des patrons. Et puis je reste toujours écolo quand je vais faire mes courses, grâce à mon « sac à courses » spécial. Et puis une femme, on peut dire ce qu’on veut, ça coud mieux qu’un mec, même si je suis pas sexiste (je fais la vaisselle). Alors maintenant je suis heureux. Parce qu’avoir une âme, même pas grande, et une amie, même petite, c’est le plus grand bonheur qu’on puisse avoir quand on est chômeur. Et si ça vous plait pas… allez vous faire foutre, comme tout le monde.


Traduit du français par Aurore Vacui, Flamme au foyer et écrivaine pudique.  
   

 

Par Sire Planchapain - Publié dans : "A bas la littérature!" Planchapain Editions
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Lundi 12 janvier 2009

En effet, les lecteurs, nombreux et éclairés, de l'Etonnoir, ont élu à la suite d'un vote tout ce qu'il y a de démocratique l'année 2009 "Année la plus pourrite de l'Histoire par anticipation".
Ainsi, les principaux protagonistes qui survivront à 2009 (et nous envisageons qu'ils seront qu'une poignée de planqués à jouir de cette chance) ne pourront pas dire "si j'avais su j'aurais sauté direct en 2010". On les aura prévenus.

Pour le reste, nous espérons encore une fois que les artistes ratés du monde entier se donneront la main, ou tout autre organe, et tituberont de conserve vers un avenir un peu mieux que moins bien.

La victoire est proche !


Artistes ratés de tous les pays, unissez-vous (1)!

Sire Planchapain, instigateur de lui-même.    



(1) comme disait Hélène à Paris : "la position importe peu." C'est d'ailleurs à peu près la seule chose qu'elle savait dire en troyen potable.

Par Sire Planchapain - Publié dans : Chroniques Planchapiniennes
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Lundi 12 janvier 2009
Nous publions cet avis de concours que nous avons reçu hier - soulignons qu'il ne s'agit sans doute pas d'un appel à témoignage sur le syndrome du trentenaire :

"Avis de concours de Pièces et Main d'oeuvre et des éditions L'Echappée

                                    L'année 1750 est l'un de ces millésimes anodins où rien ne se passe en apparence, où tout bascule en profondeur. De cette année choisie un peu arbitrairement - il en fallait bien une - les historiens ont coutume de dater les débuts de la révolution industrielle et du machinisme à vapeur, tandis que les démographes y voient les premiers ralentissements de la natalité dans les campagnes françaises. Les paysans, comme disent les curés,ayant appris "à frauder la nature". 
                 
Ces développements ne passent pas inaperçus de ceux que par anachronisme on pourrait nommer les "intellectuels" de l'époque. En octobre 1749, l'académie de Dijon met au concours la question suivante : "Si le rétablissement des sciences et des arts a contribué à épurer les meurs". Concours remporté l'année suivante par Jean-Jacques Rousseau avec son "Discours sur les sciences et les arts", inaugural de ce que l'on a nommé le "rousseauisme", bientôt suivi et couronné par cette même académie de Dijon, du "Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes" (1).

 Désireux d'encourager la pratique de la réflexion et de l'écriture,notoirement délaissée et ruinée dans les écoles, les partis et les associations, à l'ère de l'informatique et de l'"audio-visuel", Pièces et Main d'oeuvre, site de bricolage pour la construction d'un esprit critique à Grenoble (2), et les éditions L'Echappée, soumettent au public cette question d'un paysan du Tarn, irréductible ennemi de la société industrielle et du machinisme totalitaire : "Pourquoi perdons-nous depuis trente ans ?"

Ce "nous" renvoyant évidemment à tous ceux qui ne veulent ni régresser dans l'animalité ni sombrer dans l'automatisation de l'espèce humaine, et plus précisément à tous ces partisans de l¹émancipation qui, jusqu¹à l¹automne 1977, et en tout cas avant les années 80 néo-réac', ont cru, un moment au moins, à la possibilité d¹un heureux bouleversement social, ainsi qu¹aux plus jeunes qui ont dû depuis surmonter la douleur et l¹incompréhension de cet échec.(3)
 
Comme il est clair qu¹en France au moins, les mouvements contestataires n¹ont pas fait l¹objet d¹une répression de masse, ni sanglante, ni carcérale; que leurs protagonistes n¹ont dans l¹ensemble subi ni bannissement, ni déportation, à la différence d¹autres temps et d¹autres lieux (Guerre d¹Algérie, Occupation, Italie, Chili, etc) ; que leur situation générale, y compris le chômage, ne fut pas pire que celle de l¹entre-deux guerres (4); on s¹abstiendra de toute explication facile par des facteurs externes au mouvement contestataire, pour se concentrer sur l¹analyse interne. Que manque-t-il à cette contestation, du point de vue moral, intellectuel, théorique, pratique, et autres, pour faillir si piteusement et continûment ?

                      Les réponses sont à envoyer d'ici septembre 2009, par texte imprimé et/ou par courrier électronique à Pièces et Main d'oeuvre et/ou aux éditions L'Echappée qui, 260 ans après l'académie de Dijon, publieront conjointement le ou les meilleurs envois. A moins bien entendu, que les propositions reçues ne soient par trop indigentes d'expression et de réflexion. Anonymes et pseudonymes acceptés. L'envoi implique l'accord pour publication.
Les textes imprimés ne seront pas retournés en cas de refus.

Pièces et Main d'oeuvre et L'Echappée remercient par avance les journaux,revues, radios et sites d'information, ainsi que les particuliers qui voudront bien se faire l'écho de cet avis de concours.(5)

Grenoble, Paris,Le 1er janvier 2009 

Pièces et Main d'oeuvre c/o Les Bas-Côtés 59 rue Nicolas Chorier ­ 38000 Grenoble
www.piecesetmaindoeuvre.com


Editions L'Echappée 32 avenue de la Résistance - 93100 Montreuil 
www.lechappee.org
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 (Les commentaires qui suivent n'engagent que nous, révolutionnaires planchapiniens, qui sommes aussi des mécanos de la pensée et de la critique à Serbes.)

(1) Ce discours sur l'inégalité parmi les hommes portaient à l'époque sur la taille. JJ Rousseau se plaignait souvent de ce que sa petitesse l'empêcha de grimper sur les femmes de haute naissance. Cette situation frustrante le forçait à trouver le salut dans des élans masturbatoires auprès des lavandières, ou bien dans la couche d'un diacre échaudé (cf. "Les Confessions", JJ Rousseau), l'emplissant ainsi d'une hargne féroce à l'encontre de l'aristocratie.
Le discours sur l'origine du "fondement" est, lui, à l'origine de bien des oeuvres érotiques, par la suite, et nous oblige à saluer cet homme visionnaire, qui nous inspire beaucoup dans nos efforts révolutionnaires sexuels.

(2) La présence d'un esprit critique à Grenoble va à l'encontre de tout réalisme, avouons-le, et ne saurait relever que de la fiction ou du fantasme. D'ailleurs, il est presque certain que la ville de Grenoble, dont aucune trace historique, chantée ou archéologique ne subsiste, ne soit une invention, au même titre que Laputa, la Palestine ou Troie. 

(3) Présupposés que nous ne partageons pas, puisque les trente dernières années furent à l'origine de bien des avancées humaines. Comme par exemple le record du collier en capsules de bière le plus long du monde, le coussin péteur recyclable, les poupées gonflables rousses, les économistes, Michel Ouellebecq, le remonte caleçons d'Heidegger... et bien d'autres avancées technologiques et sociales. 

(4) évitons donc toute sinistrose, comme dirait notre premier ministre.

(5) avec plaisir.


Sire Planchapain, bête à concourir.
Par Sire Planchapain - Publié dans : Produits divers
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Lundi 1 décembre 2008

 

         Réflexions du Chevalier de Valdenaire sur la littérature, extraites de « Poésie, Romance et Gastronomie à l’heure des Machines-qui-craquent », série d’articles sur les arts sous la III° République.

 

 

Beaucoup de jeunes littérateurs m’écrivent aujourd’hui pour demander au vieux plumitif que je suis : comment réussit-on une carrière littéraire ?

Mon humilité naturelle (…) m’interdirait en temps normal d’exposer sur la question un avis,  qui, après tout, se trouverait déjà résumé avec talent dans les ouvrages des Anciens. Ces hommes, ces écrivains, (…)  pétris d’une gloire que le temps n’a fait que renforcer, ont, après tout, déjà tout écrit !

Cependant, je veux présenter ici, en un bref et assommant résumé, quelles sont les principales vertus qui font, non le bon écrivain – car il faut pour cela l’intervention des Muses, et sur ce point je ne puis témoigner, ne les ayant jamais rencontrées – mais qui sont autant de conditions nécessaires à l’acte d’écriture lui même.

 

Le premier point qui prime est celui de la gastronomie. Car enfin, et je le dis sans ire, nous sommes bien trop aujourd’hui la cible de ces immoralistes au ventre vide, qui crépissent de leurs déjections poétiques le mur de la gloire de notre Littérature Nationale ! Ces poètes au visage hâve, en haillons, les côtes creusées par une vie dissolue, n’ont jamais rien apporté à notre culture.

Comme l’ont dit les Vieux : « Il faut manger pour écrire, et non écrire pour manger ».

Les nourritures terrestres – et j’entends pas là tout ce qui a des pattes, une queue, et pousse ou broute avec courage les pâturages fertiles de notre Pays - sont, pour la survie de l’esprit, capitales. Sans elles, est-ce trop cartésien de l’affirmer ?, le corps dépéri et l’âme, qu’il garde comme un trésor en son écrin de chair, s’éteint avec mollesse.

D’ailleurs, comme l’a si bien montré dans ses écrits Francis de Miomanche, les terroirs des artistes influent toujours sur leurs conceptions. Ainsi, on connaît le panache primitif, cependant dénué de toute logique, brut et paillard, des auteurs gascons. De même, l’Ecole de Picardie se définie par la douceur de ses idées et la pureté de sa syntaxe Les Picards, portant haut le blason du symbolisme néo-réaliste, trouvent certainement dans la littérature les vertus dont leur gastronomie est dénuée. Les Alsaciens, enfin rendus à leur mère patrie (…) ont longtemps souffert d’un régime germanique. Cette tradition, certes, engraissa quelques compositeurs brutaux, quelques graveurs zoophiles et d’étranges peintres éthérés, mais se trouve être indigeste pour ceux qui sont étrangers à la nation qui la berce. Et il est certain, si vous visitez Strasbourg par exemple, que l’architecture prussienne, inspirée par la baroque choucroute et la bière brassée à la pelle, y a élevé les plus hideux édifices, pâtés de caillasse disproportionnés, cathédrale rouge sang ornée de dogues allemands et de tours agressives, éloquents chef-d’œuvres !

 

La nourriture donc, mais aussi le sommeil. Car enfin, le poète harassé, celui dont la bohème se compose de voyages dans les pays lointains, de traversées intrépides à travers les océans, celui qui, voué à s’investir dans les plus basses tâches, par ses origines miséreuses ou étrangères, rentre chez lui le soir, épuisé et cocu… Celui-là trouvera t-il le temps et l’inspiration de faire le plus vieux métier du monde, ce pourquoi la nature l’a doté : écrire ? Je vous le dis tout net – et de nombreuses personnalités me rejoignent aujourd’hui, contre la vieille école, sur ce point – : « qui dort plume ». Un repos serein, une retraite dans le Berry, l’assiduité dans la sieste quotidienne après la chasse, sont autant de remèdes à la fatigue de l’esprit. Car c’est le rôle de l’écrivain, qu’il soit meneur de revue ou bien académicien, de « travailler de l’âme ». Dès lors, le repos est souverain, et preuve d’un esprit clair…

Et que ceux qui reçoive cette idée, un sourire goguenard et supérieur leur ridant la bouche, que ceux-là jugent la faculté d’endormissement qu’ont éprouvée nos Aieux, ceux qui surent, à force de sommeil et de délassement, créer les plus belles pièces, inspirées par la bienfaisance des rêves!

Bouddha lui-même, pour tomber dans l’engouement actuel de nos jeunes gens pour les sectes orientales, chef spirituel des gymnosophistes que rencontra le célèbre Alexandre, ne passait-il pas ses journées alangui sous les arbres, dans la position parfaite du repos de l’esprit !

 

Manger, donc, dormir aussi. Cependant, et pour clore cet essai, il ne faut pas exclure que l’écrivain, avant tout, doit pouvoir parfois s’éloigner du foyer conjugal – tout à fait incompatible avec le contexte de l’écriture- et tenter de rejoindre le monde des vivants pour y délester, dans l’imbécillité ambiante de nos contemporains, son âme si riche en idées. Qu’on se gausse aujourd’hui des régimes et que le puritanisme de notre aristocratie n’ait de cesse de harceler des écrivains que le monde entier nous envie, s’en est assez. Cela suffit !

Oui, messieurs des institutions, cas d’anémiques, la taverne, lieu où la populace, croulant sous le poids des lois et le joug du labeur, ce lieu de débauche où Bacchus règne en souverain, où les maris s’entichent de ribaudes et que le moine, pourtant garant de la morale chrétienne, abreuve de ses brassages au goupillon ! LA taverne (…) est le lieu primordial de l’écriture.

Bien sûr, on peut tourner les yeux vers le ciel, rédiger d’affreux articles sur l’alcoolisme d’un de nos grands noms, traiter les écrivains d’écluses, de les catégoriser dans « affreux ivrognes aux reins rongés par des actes immoraux », mais la réalité est celle que je décris.

Est-il raisonnable, après tout, que, si le soldat peut trouver quelque délassement auprès des putains de Barcelone après l’âpreté des combats (…), un écrivain – soldat de l’Art – ne puisse se débaucher sans être la cible des tomates pourries de la bonne morale !

Pardonnes, jeune ami bercé d’illusions et d’innocence, ce soudain emportement du style et des sentiments. Mais enfin, j’ai trop goûté aux dîners donnés à ces vils critiques et ces écrivains ratés, où tous, s’ils ne rechignent pas à tâter du jus d’octobre, fournissent sur ce sujet les pires rumeurs. Untel aurait « croisé X dans un troquet mal famé en train de se taper sur les cuisses en riant comme un goret » ; « un autre aurait « découvert V., grande figure du symbolisme de notre époque – même s’il n’a que peu écrit- juché sur une table en train de déposséder un inverti de la bouteille qu’il s’était enfoncée » ; un autre appuiera sur le fait que « tous les peintres des avant-gardes passent leur temps dans les lupanars montparnos et du Quartier Romain ! »... 

Sur ce point, cependant, je voudrais les rejoindre en m’exclamant – allez-y messieurs qui me traitez de passéiste, les flèches empoisonnées par votre salive rageuse ne me touchent plus-  que la peinture actuelle souffre des plus horribles et perverses déformations. Cependant, que l’on ne mette pas sur le dos de la Vigne et de la Grappe cette cohue d’œuvres enlaidies et criardes, ces légions de barioleurs enjuivés, ces faux primitifs illettrés, ces gigoteurs d’étoupe… Car enfin, faut-il l’exprimer sans enjambages, ceux-ci ne fréquentent que les bars cosmopolites où le vin français, propice à l’inspiration, est détrôné par les boissons germaniques, les poisons d’Afrique, d’Espagne ou de nos colonies. Que l’on ne cherche pas plus loin les causes du dépérissement  des arts de notre époque…

 

Cher jeune personnage curieux de la vraie vie des auteurs illustres, voilà exposées trois leçons de vie. Si tu as le courage aujourd’hui d’opposer aux idées progressistes, qui ne sont que l’expression d’un complot international juif et communiste (…) visant à délier dans un poison mortel les valeurs de notre culture, ces vertus, réciproquement et simultanément. Si tu as ce courage ! Et bien peut-être que tu ne gagneras pas tant de sous, mais tu auras, à l’heure où le méchant fait enfin les frais d’une justice bien plus haute, la joie de quérir droit à l’auréole du lettré qui n’aura jamais fait de concessions ! Ces valeurs de l’âme, qui manquent si cruellement à nos contemporains, empêcheront peut-être notre civilisation d’être la cible évidente d’un holocauste nucléaire.

 

Article extrait de la très populaire revue J’écris partout.  N° 12 Avril 1895    

Par Sire Planchapain - Publié dans : Citations des Grands Penseurs et autres types...
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Vendredi 28 novembre 2008

 Pour nous tous, cet anniversaire du Blue Jean est une date phare.

     En ce début de siècle horroshow, savoir que, quelque part en Chine, on fabrique encore ces fameux pantalons indémodables, ça a quelque chose de réconfortant.

 

 

 

Ceci est une annonce officielle et gratuite de Sire Planchapain, Grand Commandeur Lézardé des Lettres

Par Sire Planchapain - Publié dans : Produits divers
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Lundi 10 novembre 2008

Beaucoup de nos jeunes lecteurs, soulevant d’un bras révolté la tétine maternelle qui leur colle à la joue, nous demandent : « ô capitaine mon capitaine, comment doit-on lire du Benchley pour devenir intelligent? »

Et bien, mes petits amis, je crois que le temps est venu de révéler une partie de ce secret, de ces rites qui distinguent l'homme de demain de celui qui s’engonce dans le quotidien glaireux d’un temps éternellement répété en un aujourd’hui blafard..

Comment lire Benchley?  Et comment, dans le même temps, devenir intelligent ?

Tout d'abord, éloignez tout enfant et toute femme de la zone de lecture, afin de vous prémunir contre le totalitarisme forcené et absorbant des personnes aux égos démesurés. La façon la plus subtile de réussir ce coup de force est de devenir inverti, d’être un célibataire endurci, ou bien de percer la coque de votre voilier en hurlant "les femmes et les enfants d'abord!!!"… Vous pourrez ensuite redémarrer votre Cherokee et quitter l'aire d'autoroute la remorque légère et la jambe leste.

 

Asseyez-vous sur la banquette moelleuse d’un café, bistrot ou troquet. Choisissez un de ces endroits où le chômeur traîne ses guêtres à triple bande dans l’espoir que Moucha Derme, un bel alezan à la bouche écumante, lui apporte LE tiercé gagnant et, par extension du domaine de la pute, une nuit avec une ouvrière de luxe.

 

Commandez, d’un air détaché, un "triple martini-picon on the roque".

 

Ensuite, si vous n’êtes pas encore agrégé de philosophie ou bien metteur en scène, allez acheter une pipe et du tabac, ainsi qu’un paquet d’allumettes.

Vous déposerez ces ustensiles à portée de la main, et, chaque fois qu’un honnête travailleur vous lancera un regard mauvais depuis l’extérieur glacial, vous pourrez saisir lesdits artefacts d’une poigne radicale. Lancez d'abord les allumettes à la figure du badaud, puis demandez du feu à la jeune étudiante en lettres modernes assises à vos côtés, en prétextant la lutte des classes et une bonne pipe.

 

Enfin, décrochant à la serveuse aux yeux bouffis un clin d’œil éloquent, tendez à bout de bras le recueil de nouvelles « Remarquable, n’est-ce pas ? » -paru dans quelque maison d’édition obscure dont le nom même évoquerait un culte nécrophile et l’ouverture de la gauche vers l'au-delà- puis, froncez le sourcil gauche.

Ramenez parfois la main vers votre visage afin de vous caresser sensuellement le menton.

Haussez vos épaules à cinq reprises successivement en soulevant le sourcil droit en rythme.

Bavez de temps en temps. 

Répétez ces gestes à chaque début de nouvelle.

 

Et bientôt remarquerez que 1. la jeune étudiante morte de faim, 2. la serveuse licenciée, 3. les joueurs s’étant entretués pour un ticket gagnant du Turf, vous vous retrouverez enfin disposé à prendre l’air du cynique moderne oisif et de continuer à lire le Sud-Ouest.

 

CQFD

(vous trouverez l'ouvrage cité ci-dessus chez Monsieur Toussain-Louverture, éditeur sans scrupule puisqu'il n'hésite pas à publier des morts pour pas payer les droits d'auteur)

Par Sire Planchapain - Publié dans : Soirée lecture près du convecteur électrique
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