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Vendredi 9 mai 2008

Je revenais d’une longue ballade sur les boulevards.

Rendu gris par les gaz d’échappement, les genoux noués par la marche et le cou tordu à force d’observer de grands oiseaux de fer.

A la base, j’étais simplement parti chercher du fil à retordre et de l’huile de coude chez l’épicier arabe du coin –le seul ouvert entre les giboulées de Mars. Bref, je m’étais harnaché de mon plus beau costume et, en vue de la course, avais constitué un frugal repas composé d’ortolans confits et d’un tablier de sapeur au roux.

La mission s’était passée sans problème. Pas de barrage de policiers pour retenir l’eau de pluie, je pu donc emprunter la voie navigable pour descendre les pentes de la Croix Rousse sur un radeau de fortune, slalomant entre les récifs. Mais au retour, la société des eaux, depuis peu privatisée, subissait une grève violente, et la rue était asséchée. Aussi, je mis quelques heures à rejoindre ma demeure.

Lorsque j’arrivais, je trouvais ma compagne accompagnée d’un jeune homme au sourire parfait, au lit, et très peu habillée. Je mettais cela sur le compte des grandes chaleurs printanières.

 

-         Que faites-vous encore au lit ? Demandais-je, quelque peu surpris.

-         Nous élaborons des concepts politiques. Nous sensibilisant à la notion d’égalitarisme, répondit ma bien-aimée, tout en tentant de rapprocher nos visions réciproques de la nature humaine. John Smith (car il se nommait ainsi et je trouvais ça un peu gros tout de même que les américains aient une conscience politique) me parlait des aspects divers de la cuisine au Wok, par exemple : la fabrication du cassoulet en Birmanie, sous le régime de la junte.

-         Yes, ajouta M. Smith, and do you know the Guy Delisle comix about…

-         Diantre ! m’écriais-je, suspicieux et un peu hanté par l’invasion de nos côtes normandes en 1944, cette façon qu’il a de palucher tes jolis seins blancs dans ses grosses mains pleines de sauce hamburger est certes exotique, mais je ne suis pas sûr d’apprécier tout à fait qu’il mette mes caleçons.

 

Elle remarqua certainement à mon ton que l’amitié transatlantique ne me touchait guère. Me toisant alors avec cet air de reproche si commun au sexe du faible, elle m’adressa une moue indignée. Puis, elle perdit toute sa diplomatie habituelle pour s’exprimer d’une voix suraiguë :

 

-         Comment ! Une société égalitaire commence par l’évacuation de la notion de propriété ! Tu es incapable de comprendre les sous-entendus politiques de ce geste ! C’est ce que je n’aime pas chez les artistes, leur incompréhension des mœurs et leur égocentrisme qui les mène, forcément, à douter de tout et à se désintéresser des choses humaines !

-         Mais, bibiche, la notion de propreté n’a rien à faire avec l'art ?! 

-         Pcht ! Fiche moi le camp avant que je ne m’énerve. Va faire la vaisselle !

 

Evitant de peu un stérilet à grande vitesse, projeté avec force ni que rage par ma moitié, je refermais la porte et m’éclipsais. Maugréant, je saisissais le scotch-brite et lorgnait mon reflet dans l'eau sale de l'évier lorsque me vint une pensée dérangeante.

Je songeais en ces termes :

 

-         Ma chignole, cette expérience troublante est le symptôme d’une maladie fort répandue... En effet, je crois que tu souffres de « dédoublement de la personne alitée »

 

Et une impression assez désagréable m’envahit alors que je prenais la raclette pour dégommer un bac à gratin.

 

par Sire Planchapain publié dans : Chroniques Planchapiniennes
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Lundi 14 avril 2008

« Brûlons tous ces punks pour l’amour des elfes » Nouvelles de Julien Campredon.

Editions Monsieur Toussaint Louverture, Toulouse 2006 (imprimé à Bègle…).

 

Si le Monde se résumait à un paradisiaque carré de terre s’étendant de Bordeaux à Perpignan ; si les jupes des femmes recélaient des secrets, de vrais secrets que TF1 jamais ne nous dévoila ; si notre ministre de la culture songeait à résoudre les problèmes de sécurité dans nos hauts lieux patrimoniaux en utilisant à bon escient nos contingents de militaires désoeuvrés et alcooliques ; si … si tout cela existait, alors Julien Campredon serait le Dieu sage et noble dont nous rêvons tous lors de nos siestes dominicales (celles où avant on s’habillait pour aller à la messe, vous savez ?).

 

Tout a commencé ainsi : Alors que je me rendais d’un pas élégant dans une librairie (Vivement Dimanche, Lyon 4), je vis ce joli travail de reliure sur Inuit Origin Blanc Blizzard 300gr, d’une épaisseur de 375 micronsd’une main de 3.75 et d’une rigosité (Bendsten) de 400 ml/min…

Louchant sur ce titre plus que démagogique à l’heure du succès interplanétaire des t-shirts- punks-rose-fluo-à-paillettes et de l’adaptation cinématographique de l’œuvre de Tolkien, je saisit l'objet et le secouais en tous sens pour en tester la qualité.

Enfin, jetant un coup d’œil aux notes de l’éditeur, je conçu l’étrange dessein de le lire.

Mais, attention, piège !

Ce titre, déjà, est une tromperie pour que les vilains évitent d’y toucher ! Ce qui vous évoque un peu la ruse de cet éditeur et de cet auteur qui n’ont pas fini de nous surprendre… Ensuite, le bouquin vous bloque au lit durant presque une journée et vous pouvez en oublier de faire votre déclaration ASSEDIC ou de rabaisser la cuvette des toilettes. Enfin, c’est agréable, doux, un peu humide, et ça déforme le visage dans une grimace plus communément nommée « rire » (il faut s’habituer).

 

Julien Campredon (qui serait en réalité l’auteur hollandais, Julius Von Camper, venu s’installer à Cahuzac-sur-Vère et mort d’une intoxication au Gaillac dans l’entre-deux guerres parce que le bouchon provenait de chênes lièges indonésiens) a su mettre de côté sa rigueur et sa platitude nordique pour redonner à la littérature du sud-ouest un côté universel délectable.

Il sait causer comme pas un d’une société merdique, avec poésie, tout ça soigneusement plié dans un mouchoir de fantaisie où l’on n’hésite pas à fourrer son nez, sans toutefois aller jusqu’au bout, tant il semble précieux. Il y a dans ce bouquin –pour le jeune parasite préparant les concours du patrimoine sinon c’est l’armée – quelque chose comme une revanche, littéraire et générationnelle. Un air de mutinerie.

En outre, l’utilisation assez classe de l’occitan nous change des « Catinou et Jacouti », et ça fait du bien.

 

En réalité, le chômeur du Gers, ou bien d'ailleurs, en sort comme grandi. C'est-à-dire qu’il retrouve dans cet ensemble de nouvelles une sorte d’idéalisme pas trop con qui lui donne envie de rester au lit et de rêver un peu, bref, d’assumer son inadaptation en se gaussant d’avoir trouvé une littérature à son goût.

Merci monsieur Campredon,comme j'aimerais que vous fréquentiez mon rade..
.

Sire Pompom, Fossoyeur de morale.

par Sire Planchapain publié dans : Soirée lecture près du convecteur électrique
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Lundi 14 avril 2008

"Chers jeunes gens, fer de lance du monde, ô avenir des égouts. On a voilé votre aube d’une gaze sanglante, et tous les maux du monde y sont inscrits dessus.

Porter en soi « le germe d’un avenir fécond », lorsque l’on écrabouille, concasse et essaime nos âmes, c’est le sacré dilemme…

Qu’on coupe les couilles des jeunes générations pour les exhiber en corolles, aux sommets des buildings, des arches tordues et sous la mention « lu et approuvé », ça n’était pas assez pour leur fête. Ils ont envoyé la jeunesse au front, autrefois, à l’usine il y a peu, tapiner en leur nom sur les trottoirs du marché, et simultanément, le temps passait sur eux. Les soldats ont clamsé, survécu ou presque, les camps ont fermé leurs clapés puants, et une nouvelle ère est retombée sur eux. Leurs ossements blanchissent, mais on ne les voit plus.

Que notre génération en ait pris de la graine, et qu’elle fut sacrifiée sur des autels plus propres, ils virent que ce n’était pas assez.

Alors, rabaissant nos ego au point d’y flétrir toute poésie, lyophilisant nos âmes avant d’y apposer la durée de préparation, la date de péremption et les conseils amicaux du chef, ils nous ont dit « voyez, ç’aurait pu être pire, contentez-vous de ça ».

Et tous de rajouter leur poids à l’étau qui nous enserre. Les philosophes, les Chefs d’Etat, les morts de l’autre bout du monde, la conscience, le simulacre, tous s’y sont mis avec enthousiasme.

Et c’est fort étonnant qu’il reste encore, sur cette plaine propre et léchée, des révoltés vaquant en marge à des occupations réelles.

Ils ont sacrifié la jeunesse, comme toujours, et nous portons en nous l’humilité stupide, la révulsion et les tares, tout comme autrefois les chrétiens qui nous font tant sourire, les soldats incompréhensibles, et c’est notre tour d’y passer… Il y a de grandes chances, tu sais, pour qu’ils nous traitent de fous et d’ambitieux, d’irrespectueux et de « jeunes », si nous refusons les lois de leur jeu.

Et déjà, je le sent, ils nous ont rendu vieux."

Lettre du chevalier de Valdenaire à Antonin Artaud, 1949

par Sire Planchapain
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Lundi 25 février 2008
Afin de promouvoir la Révolution Sexuelle, notre Bien-aimé Triste Sire organise un concours d'affiches "sexuellement édifiantes ou motivantes" exprimant le bonheur de l'homme sur Terre à la suite de la Révolution Sexuelle.
Le thème est donc "la Révolution Sexuelle comme unique option de Rédemption" ou autre au choix.
Pour participer, envoyez-nous votre création, sous la forme que vous souhaitez, et nous organiserons une exposition au mois de Juin, à Lyon.

Bien à Vous

M de C, Grand Echalas de l'Oignon Scabreux
par Sire Planchapain publié dans : La Révolution Planchapinienne
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Lundi 25 février 2008

Chers amis. 

Après l'immense succès que l'Arte Ratera a rencontré, et les premiers attentats artistiques à Lyon dont nous vous causerons sous peu, voilà un deuxième coup qui, à défaut d'être de semonce, sera de semence. En effet, notre Souverain Suprême, Planchapain Premier, vient de faire la déclaration suivante, aujourd’hui à 17h16, devant l’Assemblée des Artistes Marginaux et Pourris :

" Noncitoyens, noncitoyennes, et les autres,

L'heure de la Révolution Sexuelle a sonné. 

Le temps de la sécheresse amoureuse, de l'horor coïtus, des pète-sec du pieu, des ramollis de la zone sub-ceinturon est révolu. Poil au cul.
Je décrète de coq, qu'en ce jour commence une révolution qui sapera peu à peu les fondations pourries de notre société pour reconstruire, sur les ruines fumantes de l'hypocrisie et de la bonne morale, un monde libre et sexy.
A cette fin, les Brigades Fornicatrices et les Milices de l'Amour vont entrer en action ce soir même. Nous invitons tou(te)s les non-citoyen(ne)s du monde entier à se donner la main (ou une partie de l'anatomie qu'il souhaiteront) et à pourfendre de leurs cris de jouissance le silence de ce monde sans âme.

Non-citoyens! Forniquons! Forniquons! Cornes z'au cul!

Amen"

Nous proposons donc à tous les non-citoyens de participer à la Révolution Sexuelle Internationale et, de leurs coups de boutoirs doux ou frénétiques, à causer l'effondrement des frontières morales et matérielles.
A cette fin, voilà un texte d'affiche mis à votre disposition. Mais, bien sûr, la Révolution Sexuelle est un devoir de non-citoyen, et donc chacun est libre de crier comme il le veut, de la façon qu'il préfère et dans la gamme qu'il souhaite. Nous invitons donc ceux qui le veulent à exprimer ici leurs opinions et à faire l'étalage des efforts dournis -sous forme de photographie non-pornographique, de dessin, de peinture, de recette de cuisine, d'amende ou de témoignage vécu ou imaginaire.

Que la Révolution soit, 

Marquis de Carabas, Grand Echalas de l'Oignon Scabreux. 

par Sire Planchapain publié dans : La Révolution Planchapinienne
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Mercredi 13 février 2008

L'ARTE RATERA 

(prononcer « areté ratéra ») 

PAR SIRE PLANCHAPAIN PREMIER

 

           Ce blogue avait comme but de présenter des réflexions méchamment ennuyeuses sur le monde de l’art, le devenir de l’objet, les diverses tendances muséographiques du moment, une sorte d’ethnographie de l’art contemporain accompagnée d'allusions sexuelles.
Bien sûr, le motif caché de cet épandage culturel aurait été de draguer les gonzesses - car les femelles, qui s'étonnent d'un rien, innocentes et ingénues, sont admiratives des mots qu'elles éprouvent des difficultés à à comprendre!

            Mais, en ce jour de deuil, je le décrète de coq, la critique est morte, la réflexion rogne l’énergie sexuelle, et la révolution artistique actuelle est intolérablement trop complexe pour la philosophie généraliste planchapinienne... Je sais que l’on n’avait pas connu de telle déclaration depuis Hegel et je garde cependant la tête sur les épaules, monarque déchu, mais monarque vivant...

Cependant, les lieux communs de la critique veulent qu’elle ne trouve ses soldats que dans la population des artistes « ratés » et engoncés dans une vision morbide d’eux-mêmes et de la société en général.

De plus, il est clair que les créateurs du dimanche, les artistes maudits, les amateurs et les exhibitionnistes de l’art n’ont jamais été aussi nombreux qu’aujourd’hui.

         Nous souhaitons donner à ces artistes déchus, ces ratés, l’occasion de se racheter et d’utiliser leur méchanceté et leur frustration à artiser et à faire l’amour. . Cette nouvelle chance se nomme l’Arte Ratera !!!!!!!!!!!!!


L’Arte Ratera sera à l’artiste raté ce que l’Arte Povera fut à l’artiste pauvre !

 

          Ainsi, le but machiavélique de cette tentative est de regrouper les artistes ratés, et ils sont en surnombre, les déchus, désavoués, les tremblotant de la plume, les gigotant du pinceau, les embusqués de l’huile et autres barioleurs sur toile, les sans titre n°1 de la création, les « techniques mixtes » et autres aquafortistes aux neurones bouffés par le sucre… à se rendre  coupables des pires exactions que l’art ait connu. 

Amis ratés! 

Ensemble, donnons nous la main, comme les francs-maçons se mettent le compas dans l’œil, et imposons à l’Histoire de l’Art élitiste et aristocratique, la présence du plus grand nombre : les ratés et les pauvres couillons que les muses ont depuis longtemps rejeté pour se casser faire la bamboula dans une autre dimension.

 
Ratés!
 

Rejoignez désormais nos rangs ! Envoyez-nous vos œuvres, vos poésies hurlantes, vos écrits morbides et pervertis par une âme grossière, vos chants patriotiques oubliés, les préservatifs usagés d’un moment de création nerveuse, les détritus de vos passages à l'acte croûtesques, vos éclats de revers de miroir... 

!!! Ainsi, tous ensemble, nous aurons un jour le Pouvoir, et avec lui, l’argent et les femmes !!! 

Sire Planchapain le Rupin, vendeur d'inspiration à la sauvette. Prostitueur de Muses. 

par Sire Planchapain publié dans : La Révolution Planchapinienne
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Jeudi 31 janvier 2008

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Nous souhaitions créer ce blogue afin d'exposer nos théories extraordinairement intelligentes sur l'Art et des critiques visant à satisfaire le fanatisme de nos admirateurs et à accoster des filles faciles.

Et non à parler de "littérature".
(crache, bave, pète) 

Car, tout le monde le sait : causer religion, politique ou littérature dans un repas de famille, une assemblée nationale ou une réunion paroissiale, ou un blogue, est toujours le meilleur moyen de provoquer une engueulade, de se faire des ennemis mortels ou de vociférer jusqu'à ce que guerre éclate... (dans les bars, ce n'est par contre toujours pas interdit).
Mais, notre Gland Goulou, Sire Planchapain, a voulu - une lubie certainement- apprendre à lire. "Ainsi, a t-il déclaré d'une voix forte et virile, je pourrais lire des SAS"...

Consultant d'abord des livres illustrés pour gamins, afin d'acquérir les bases de la lecture, il est vite passé à la VRAIE littérature. Sa bibliothèque compte désormais 4 livres – ce qui est plus que celle de David Douillet, s’écrit-il souvent.

D’abord, afin d’avoir les avantages des images sans l'inconvénient du texte, il ne jure désormais que par Là où vont nos pères, de Shaun Tan
Nous remercions d'ailleurs le jury du festival d'Engoule-Aine de s’être soumis à nos conseils officieux, et de partager notre bon goût.

Ensuite, tiens, il a voulu du texte. Mais le Triste Sire possède toujours de bizarres considérations esthétiques, enfin... il lorgne et zieute sans vergogne « ACHTUNG ZELIG ! » de Gawronkiewicz et Rosenberg en hurlant « sensass ! la classe ! » et autres mots en -ass...

Enfin, avant de se visiter son harem, il lit toujours un peu de Kadique, car, dit-il, le potentiel sexuel de ses écrits dépasse presque celui de Lovecraft...

Nous aussi, aimons Phillipe Kadique, mais pas parce que son nom est composé du mot "dique"...
 

 

Sire Pompon, Grand Ecuyer et Récureur de Siège. 

 

par Sire Planchapain publié dans : Soirée lecture près du convecteur électrique
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Vendredi 25 janvier 2008

                Planchapain se leva en faisant craquer ses vieux os, il rajusta ses chausses d’un geste noble. Son regard, autrefois si serein, s’allumait d’une lueur intermittente et farouche.
Levant la jambe droite, pliant le genoux gauche, il pris noblement le chemin de la sortie.
Sa démarche claudicante ne pouvait cacher l’empressement et la volonté qui habitaient désormais tout son être, des gesticules jusqu’au chef, du fond l’âme jusqu’aux limbes de l’inconscient :
car c’était aujourd’hui qu’il partait à la recherche de l’ART !
La tâche était difficile et la quête destinée à un esprit pur et beau ! Et quiconque l’aurait croisé à ce moment là, jaillissant de la taverne comme un beau diable rejeté de l’Hadès par quelque soudaine et fulminante érection… Hum… Quiconque le croisant, disais-je, aurait reconnu en lui l’égal d’Orphèe passant les rives du Styx. Car notre héro était en route pour découvrir les diaboliques Mystères de l’Art…

Les lueurs de la taverne étaient désormais loin derrière lui, et il pris, courageux et solitaire, la direction de l’exhibition la plus proche, en priant pour que ce ne soit pas la dernière.

par Sire Planchapain publié dans : Chroniques Planchapiniennes
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